
La plus grande nécropole romaine d'Afrique connue à ce jour se trouve en Tunisie dans la ville balnéaire d'Hammamet. Découverte en 1996, elle est l'objet de fouilles intenses effectuées par des équipes d'archéologues disposant là d'une matière très riche pour mieux comprendre les rituels funéraires à l'époque romaine.
Au premier abord, il ne s'agit que d'un amas de morceaux de bois brûlé rassemblés dans un vase funéraire. Mais pour ce spécialiste des os brûlés, l'analyse minutieuse de chacun de des morceaux permet de comprendre les différentes étapes de l'incinération puis de reconstituer le squelette du défunt. Il s'agissait d'une jeune femme de 24 ans, probablement enceinte...
Peu à peu, autour d'elle, d'autres femmes et hommes surgissent de l'oubli grâce aux observations des scientifiques. Le moindre débris de terre cuite constitue un précieux indice. Et il n'en manque pas sur ce vaste chantier d'un hectare situé au c¿ur de la ville d'Hammamet : plus de 55 000 fragments ont déjà été classés et numérotés.
Il faudra probablement plusieurs dizaines d'années avant qu'ils ne livrent l'intégralité de leurs secrets. Mais cette nouvelle campagne de fouilles apporte déjà un nombre incalculable d'informations sur les rites funéraires qui se pratiquaient dans cette vaste nécropole à l'époque romaine.
Au IIe siècle après Jésus-Christ, la région d'Hammamet est une riche région agricole qui permet à la cité de Pupput d'accéder au rang de colonie honoraire. On y construit un immense amphithéâtre, dont la construction a probablement requis la participation de centaines d'ouvriers.
Des citoyens de condition modeste, dont les sépultures se comptent par milliers dans la nécropole de Pupput. Plus d'un millier de tombes ont été retrouvées intactes et ont révélé l'origine sociale des défunts souvent accompagnés d'objets usuels ou symboliques : récipients, lampes à huile, pièces de monnaie, miroirs ou masques.
La somme de tous les objets découverts constitue aujourd'hui un trésor inestimable pour comprendre ce que fut la vie de ces artisans et leurs rites funéraires. Or le périmètre de fouilles se rétrécit à la vitesse de l'urbanisation croissante et les archéologues savent que le temps est compté pour collecter le maximum d'éléments. Pourtant, "fouiller, c'est mettre de côté une bribe, une fraction de l'histoire qui, sans cela, serait irrémédiablement anéantie".
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